Hier, mon fils de bientôt 2 ans a fait sa première colère. Et cerise sur le gâteau… c’était au restaurant (bah oui, sinon ce n’est pas marrant).
Je suis totalement contre les punitions, car je trouve que ça ne sert absolument à rien, et je n’envisage pas non plus de quitter les lieux dès que mon loulou tente une crise devant tout le monde.
Mais alors… comment faire ?
Je vais te détailler ici mes techniques pour gérer une crise de colère chez ton enfant, dans le calme et sans crier.
Contexte
Ton enfant est contrarié. Car, en général, ça commence comme ça : il veut quelque chose qu’il ne peut pas obtenir, pour diverses raisons.
Il n’est pas content et va te le faire savoir.
Imagine-toi : si ton patron te dit « je donne ce super projet à… ton collègue », alors que tu as bossé dessus depuis des mois et qu’il te revenait clairement.
Tu vas garder le sourire et recommencer un projet pourri de ton côté ?
Ou tu vas montrer ta frustration, les yeux vers le bas et le sourire qui descend ?
Ou encore ressentir de la colère, froncer les sourcils et exprimer ce que tu ressens à ton patron ?
Eh bien pour ton enfant, c’est pareil… sauf qu’il ne sait pas comment exprimer ce qu’il ressent.
Il va donc réagir comme il le peut : c’est instinctif.
Inutile de lui dire « mais enfin, ressaisis-toi ». Son cerveau est bien trop immature pour se calmer seul et, surtout, il ne l’a pas encore appris.
C’est pour ça que c’est TOI qui vas être le game changer ici.
Tu pourrais fuir, mais le problème reviendra tôt ou tard.
Tu pourrais crier, mais ça ne ferait que lui montrer que quand on est en colère, on crie (bah oui, toi aussi tu es en colère de le voir en colère 🙂).
Tu pourrais le mettre au coin, mais ce serait vide de sens et il ne saurait toujours pas comment il doit se comporter.
Avant de commencer, je tiens à te dire quelque chose d’important : si tu lis cet article, c’est que tu fais déjà de ton mieux.
Je te mets ici une affiche à télécharger pour te souvenir des étapes clés dans ces moments qui peuvent te mettre à bout.
Clique sur moi pour télécharger le fichier.
Allez, je t’explique maintenant comment faire pour gérer cette crise afin de continuer à vivre sans stress et sortir sans avoir peur que ton enfant fasse le spectacle du jour 😉.
1 – Ce qui est OK et ce qui ne l’est pas
Je voudrais commencer par t’expliquer ce qu’on peut laisser faire et ce qu’il faut tout de suite arrêter.
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Ce qu’on peut accepter 959_88b2b1-23> |
Ce qu’on ne peut PAS accepter 959_eb5a0d-ee> |
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Il se jette par terre 959_4a66ad-ce> |
Il frappe 959_85fa48-ee> |
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Il crie 959_da3170-1f> |
Il mort 959_74d5ca-6d> |
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Il pleure 959_643517-8e> |
Il jette des objets 959_ae1d2d-e2> |
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Il boude 959_eb0167-60> |
Il tire les cheveux des autres 959_9758fa-41> |
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Il t’injure 959_80cf08-58> |
| 959_69fcd6-a4> |
Il casse volontairement des objets 959_1b2480-1b> |
Ce qui se trouve dans la colonne « Ce qu’on peut accepter » correspond aux choses sur lesquelles tu vas lâcher du lest. C’est pénible, mais ce n’est pas grave.
En revanche, pour tout ce qui se trouve dans la colonne « Ce qu’on ne peut PAS accepter », il faut réagir tout de suite.
Car si tu laisses passer, non seulement ça reviendra, mais ça prendra aussi de l’ampleur.
Pour recadrer ton enfant s’il dépasse les limites ou fait mal à quelqu’un d’autre, sois ferme dans le ton de ta voix. Je ne dis pas de crier, mais d’être ferme.
« Non ! »
Il faut qu’on sente que ce n’est pas négociable et que ça ne le sera jamais.
Et ce n’est pas tout (ce serait trop facile). Il est important de lui expliquer pourquoi il n’a pas le droit d’avoir ces gestes déplacés. Peut-être pas pendant la crise, mais quand ton enfant est attentif.
Si besoin, n’hésite pas à le prendre et à le mettre à part (avec toi, bien sûr) pour t’assurer qu’il n’ait pas la possibilité de recommencer.
Car oui, si tu lui en laisses l’occasion, il y a de fortes chances qu’il recommence pour voir quelle sera TA réaction.
Le mieux est de s’éloigner et de calmer la colère d’abord. Ensuite, on lui explique pourquoi il ne peut pas réagir comme ça ET quelle est la bonne réaction (éventuellement demander pardon s’il a fait mal à quelqu’un), puis revenir avec les autres.
En écrivant, je remarque que j’ai énormément de choses à dire à ce sujet.
Je ne vais pas m’étaler ici car ce n’est pas le but de l’article, mais n’hésite pas à m’envoyer un message ou à commenter l’épingle Pinterest pour me dire si tu veux un article complet avec mes astuces sans punitions inutiles.
Et en plus, ça me ferait plaisir de savoir que quelqu’un s’y intéresse 😇.
2 – Garder son calme
Même si tu as extrêmement envie d’hurler « mais tu vas arrêter oui ?! », c’est une des pires choses à faire.
Je ne te jette pas la pierre, moi aussi j’ai crié. Il y a des moments où on est à bout, fatigué·e, démuni·e, perdu·e, et on veut surtout que la colère s’arrête le plus vite possible.
Mais laisse-moi te poser une question :
Quand tu cries sur ton enfant, est-ce qu’il s’arrête de crier et s’assoit gentiment… ou est-ce qu’il hurle encore plus fort ?
Je suis prête à parier que la réponse est la deuxième 😉
C’est normal. En criant, tu dis à ton enfant de ne pas crier… en criant. C’est complètement paradoxal.
Que faire si je sens que la tension monte ?
→ Sors. Va prendre l’air deux minutes, souffle, fais un peu de cohérence cardiaque et reviens quand tu es prête.
Ok Amandine, mais si je suis seule avec mon enfant, je ne peux pas sortir et le laisser seul.
→ Tu as entièrement raison. Dans ce cas, éloigne-toi un peu (même 2 mètres, crois-moi, ça fait la différence) et souffle.
Oui, il va pleurer et crier pendant ce temps, c’est normal. Entre dans ta bulle quelques secondes et souviens-toi: tu vas y arriver, car tu es une bonne maman.
Et si, comme moi, tu étais devant tout le monde avec ton enfant qui pleure dans les bras, en train d’avoir chaud à force de self-control, sache que l’immense majorité des gens se disent :
« Oh, petit loulou fait une colère et sa maman gère du mieux qu’elle peut. »
On a souvent, à tort, l’impression que les gens nous jugent négativement.
Tu fais de ton mieux, avec tes moyens, et ça, crois-moi, ça se voit.
3 – Le laisser s’exprimer
Si ses actes ne sont pas acceptables, on agit.
Mais si sa réaction est tolérable, on le laisse s’exprimer.
Il a le droit, lui aussi, de dire et de montrer qu’il est en colère, frustré, apeuré…
Il est important de le laisser s’exprimer sans minimiser ce qu’il ressent.
Le lendemain, à la maison, mon petit a recommencé.
Il a voulu détruire le robot en Lego de son grand frère et je ne l’ai pas laissé faire.
Il s’est jeté par terre sur le ventre, en pleurant, criant et tapant des pieds.
Il ne se faisait pas mal et ne faisait de mal à personne. Alors je l’ai laissé faire.
Pas une heure, mais quelques minutes, le temps de pouvoir à nouveau capter son attention.
Et au restaurant ?
Je l’ai laissé faire aussi.
Il a voulu jeter tout ce qu’il trouvait sur la table. Là, évidemment, j’ai dit mon fameux « non » ferme et je l’ai assis sur une chaise, éloignée de la table.
Il a continué à pleurer et crier. Je l’ai laissé faire.
Il a voulu aller bouder sous la table : je l’ai laissé faire quelques minutes.
Puis il s’est relevé, et c’est là que je passe au point suivant.
4 – Exprimer verbalement ce qu’il ressent
Ton enfant ressent de nouvelles émotions, parfois même un mélange de plusieurs, et il ne sait pas quoi en faire.
C’est à toi de lui expliquer du mieux que tu peux, sans minimiser, mais sans en rajouter.
Par exemple :
« Je vois que tu es en colère, je comprends. Je suis là, on va se calmer ensemble. »
S’il recommence à hurler, il a peut-être encore besoin de quelques minutes.
On reprend un peu plus tard, toujours dans le calme et le self-control, car tu es un maître feng shui 🧘♀️.
Imagine : tu as préparé ton repas pendant environ 5 heures pour faire plaisir à tes invités, mais tu as fait cramer les haricots.
Si je te dis :
« Oh, ce n’est pas grave, passe à autre chose »,
toi, tu ressens : « Ce que tu as fait n’est pas important de toute façon. »
À l’inverse, si je te réponds :
« Oh punaise, tu aurais pu faire attention, tu as raté tous les légumes quoi ! »,
là, je suis dans l’exagération et ça ne reflète pas la réalité.
Il faut trouver le juste milieu.
Imagine maintenant si je te dis :
« Les haricots sont trop cuits. Tu dois te sentir agacée qu’ils aient brûlé alors que tout le reste de ton repas est parfait. Je comprends, moi aussi ça m’énerve quand ça m’arrive. »
Ah ben là, tu vas te sentir comprise et peut-être même soutenue.
C’est exactement ce qu’on cherche.
5 – Lui faire un calin s’il le veut
Quand il aura terminé les grands cris et les pleurs, ton enfant aura peut-être besoin d’un câlin.
Ou même pendant la crise.
Il est important de le prendre dans tes bras. Ce contact va l’aider à réguler ses émotions.
Si tu allaites encore, tu peux lui proposer une tétée. Il a été prouvé que téter réduit le stress chez les nourrissons, avec une diminution de la durée des pleurs (cochrane).
Concernant les câlins, des études ont montré qu’ils ralentissent le rythme cardiaque des enfants, surtout lorsqu’ils sont donnés par un parent (sciencedaily).
A aucun moment, repousser son enfant car il t’énerve ne va lui permettre de se calmer.
Au contraire, l’accueillir lui fait comprendre que tu seras toujours là pour lui, quoi qu’il arrive.
6 – Rediriger vers autre chose
Pour qu’il ne reste pas coincé dans ce cercle infernal de frustration ou de colère, tu peux lui proposer de penser à autre chose, sans lui dire directement.
Souvent, lui montrer un jeu sympa suffit.
S’il n’en a pas envie, tu peux marcher avec lui ou lui chanter sa chanson préférée.
Ma maman a opté pour une petite marche à l’extérieur avec mon fils.
Ça n’a duré que quelques minutes, mais ça lui a permis d’observer ce qui se passe aux alentours et de penser à autre chose que la raison de sa colère, tout en étant en contact avec les bras rassurants de ma maman.
Et au restaurant ?
J’ai simplement marché avec lui.
Je me suis baladée dans le restaurant avec mon fils dans les bras et on a regardé ensemble les magnifiques décors.
Ça lui a suffi pour ne plus pleurer ni crier.
7 – Le coin colère
Lors de mes études d’institutrice, on nous a parlé du « coin colère ».
C’est un lieu où l’enfant peut aller quand il sent que sa colère arrive.
Tu te souviens, au début de l’article, je t’ai dit de sortir si tu sentais que tu n’arrivais pas à gérer la situation sans crier ?
Eh bien ici, c’est le même principe.
Un super coin colère que j’adore consiste à installer une tente ou un tipi quelque part, avec des petites lumières et des coussins à l’intérieur.
Tu peux aussi ajouter des objets tels que des bâtons de pluie, un sablier esthétique pour regarder le sable qui tombe, un jardin zen pour les plus grands… tout ce qui peut l’aider à se calmer.
Il peut aller dans ce coin colère dès qu’il en ressent le besoin.
C’est son espace à lui : ne le dérange pas (vérifie simplement qu’il est en sécurité, mais n’interviens pas).
Ton enfant reviendra jouer quand il se sentira prêt.
Pour résumer
Ça arrive à absolument tous les parents de vivre cette expérience.
On peut la vivre différemment selon son point de vue.
-> Il fait une crise, il a gâché toute la sortie.
Ou bien :
-> Il était en colère, c’était une belle occasion de lui apprendre à la gérer.
Les colères vont devenir de moins en moins fréquentes et de plus en plus courtes, car ton enfant saura comment les gérer.
Et si un jour tu paniques, rappelle toi que chaque enfant est différent, ils vont tous réagir différement mais tu seras là avec lui et ça, ça n’a pas de prix.
→ Et si tu veux t’en souvenir ou simplement me soutenir, tu peux épingler une de ces épingles sur Pinterest 🙂.






