La fausse couche, un sujet dont on parle trop peu

La toute première fois que je suis tombée enceinte, je savais que les fausses couches pouvaient arriver, mais je n’avais aucune idée que cela arrivait aussi souvent, ni surtout de comment ça se passait concrètement.

Malheureusement, cette toute première grossesse s’est terminée par une fausse couche.
Et ça ne s’est pas arrêté là, car sur mes cinq grossesses, trois se sont terminées par une fausse couche précoce (entre 6 et 8 semaines pour moi).

Je viens te détailler ici comment se passe une fausse couche, en sachant bien sûr que cela reste différent d’une femme à l’autre et d’une grossesse à l’autre.
Et je veux aussi te montrer qu’une fausse couche n’empêche pas une grossesse qui se termine bien par la suite.

Mais avant tout, si toi aussi tu es en train de vivre ce moment extrêmement difficile, sache que je te comprends et que tu n’es pas seule.

!! Cet article est un témoignage personnel. Il ne remplace en aucun cas un avis médical.

Sur 3 fausses couches, j’ai vécu 3 expériences différentes.

La première fois: les médicaments.

Quand j’ai appris ma grossesse, j’étais bien trop excitée pour garder le secret. Je l’ai donc annoncée à mes proches et à mes amis.

Mon premier rendez-vous chez le gynécologue était prévu à 7 semaines d’aménorrhée.

C’est la veille de ce rendez-vous que j’ai perdu du sang. Un peu, juste quelques gouttes. À peu près la taille d’une pièce de 2 €.
Je me suis immédiatement rendue à l’hôpital.

Et là… on voit l’œuf, mais sans rien à l’intérieur.

Honnêtement, ne pas voir l’embryon a été une « bonne » chose pour moi.

Je m’effondre… Je ne pensais pas que ça m’arriverait, et pourtant…

On me propose alors plusieurs possibilités :

  • attendre que mon corps expulse naturellement
  • prendre des médicaments pour provoquer la fausse couche
  • ou passer par un curetage (aspiration)

Je choisis les médicaments, car j’ai besoin que tout s’arrête au plus vite. J’y pensais sans cesse.

Je suis donc rentrée à l’hôpital quelques jours plus tard.

Comment ça se passe ?

On m’a donné deux médicaments à avaler (du Cytotec) ainsi qu’un Buscopan.

Environ deux heures après, les contractions ont commencé.
J’ai perdu beaucoup de sang, avec des sortes de caillots.

Plusieurs heures après, j’ai repris deux médicaments.

Les contractions se sont intensifiées et j’ai à nouveau perdu du sang.

Avant de rentrer chez moi, un contrôle échographique a été réalisé : tout était pratiquement parti.

Le reste de la grossesse s’est évacué chez moi dans les jours qui ont suivi, sans que je ne m’en rende vraiment compte.

Est-ce que ça fait mal ?

Oui, ce sont des contractions.

On dit souvent que c’est comme de grosses règles. Personnellement, j’ai plutôt ressenti d’énormes coliques, qui venaient et repartaient.

Ensuite, un bébé d’amour.

Ah… j’ai stressé pendant tout le premier trimestre de ma première grossesse menée à terme !

Lors de la première échographie, j’ai juste vu un petit point gris avec un petit point blanc à l’intérieur qui clignotait.
C’était son petit cœur ❤️

Soulagement immédiat.

La suite de la grossesse s’est très, très bien passée.

Mon loulou a simplement décidé de garder la tête en haut, ce qui m’a valu une césarienne… mais ça, c’est une autre histoire 😉.

La fausse couche précédente n’a eu aucune incidence sur cette grossesse, si ce n’est le stress du premier trimestre.

La deuxième fois: le curetage.


Quand mon bébé avait deux ans et quelques, je suis à nouveau tombée enceinte.

Et cette fois, crois-moi ou non, je sentais que quelque chose n’allait pas.

Lors de ma prise de sang, mon taux était très bas… mais il doublait quand même.

Je ne me suis pas fait d’illusions et je me suis préparée mentalement. Pour moi, ce n’était pas normal. J’ai attendu l’échographie.

Lors de la première échographie, on me dit que c’est du 50/50 :
soit c’est trop tôt pour voir l’embryon, soit c’est une fausse couche (un œuf clair, dans ce cas).

Le temps m’apprendra que c’était bien une fausse couche.

Cette fois-ci, je choisis de laisser faire mon corps et d’attendre que le travail se fasse naturellement.

Cela a pris plusieurs très longs jours avant que les contractions ne commencent.
Je me souviens très bien : j’étais en train de repasser quand j’ai senti que c’était le moment.

J’ai alors perdu une grande quantité de sang (oui, j’ai bien rempli mes serviettes hygiéniques…), tout en faisant attention à ce que cela reste « normal ».
J’ai appelé de l’aide pour ne pas rester seule.

Cependant, lors de l’échographie de contrôle, on constate qu’il reste du placenta tout au début du col.

Pas le choix : je dois passer par un curetage.

Comment ça se passe ?

Je suis entrée à l’hôpital le matin.

On m’a posé plusieurs questions médicales, puis j’ai attendu dans ma chambre… où je me suis effondrée dans un stress incontrôlable.

Heureusement, je suis tombée sur une sage-femme formidable, qui a su me rassurer.

Je suis descendue au bloc un peu plus tôt que prévu. Une autre sage-femme est restée avec moi pendant toute la préparation, en me parlant sans arrêt (merci 🤍).

Au bloc, on m’a posé la perfusion, puis injecté l’anesthésie.

Je me souviens du médecin qui me dit :
« Pensez à quelque chose d’agréable. »
Puis… dodo.

(J’avais aussi les oreilles qui bourdonnaient, apparemment c’est normal.)

En salle de réveil, je me souviens avoir rêvé. Je ne sais plus de quoi, mais j’ai rêvé.

Ensuite, j’ai mangé. Et je crois que je n’ai jamais eu aussi faim.

Est-ce que ça fait mal ?

Non, car j’étais totalement endormie.

Après, on sent qu’on a « travaillé » dans le ventre, mais rien de vraiment douloureux.

Info utile

Si, comme moi, l’anesthésie générale te fait peur, sache que tu peux demander une rachianesthésie.emander une rachi.

La troisième fois: mon corps a travaillé naturellement.

Et c’est reparti… nouvelle grossesse.

Je vois une gynécologue le lundi : on entend le petit cœur et on voit l’embryon.

Puis, le vendredi, je perds du sang.

J’étais en France et je me rends donc à l’hôpital le plus proche. J’étais effondrée. J’ai même fait un malaise, car ma tension est montée à 17 (alors que j’ai une tension très basse habituellement).

Voyant mon état, un médecin m’examine.

C’est de loin l’épreuve la plus difficile mentalement.
J’ai encore beaucoup de mal à en parler aujourd’hui, et il m’arrive encore de pleurer (c’était il y a trois ans).

J’ai entendu le cœur de bébé, mais il battait moins fort, et on a vu l’embryon descendre dans l’utérus.

Quelques heures plus tard, j’ai senti les contractions.
Bizarrement, elles étaient moins fortes.

Deux jours après, de retour en Belgique, j’ai vu ma nouvelle gynécologue.

Tout était déjà parti, à l’exception d’une toute petite partie, que ma gynécologue a retirée elle-même.

Comment ça se passe exactement ?

  • pertes de sang
  • contractions avec caillots
  • puis de moins en moins de sang, comme des règles

Ensuite, j’ai attendu avant de réessayer de faire un bébé.

Mon deuxième bébé

Pendant ces deux mois d’attente avant de reprendre les essais bébé, j’ai eu un énorme déclic.

Je voulais comprendre pourquoi je vivais des fausses couches, et je me suis alors penchée sur les perturbateurs endocriniens.

Je ne sais pas si c’est cela qui a influencé la grossesse suivante ou non, mais moi, j’en suis intimement persuadée.

Je t’écrirai d’ailleurs très prochainement un article à ce sujet, notamment sur les produits que nous utilisons pour les bébés.

Lors de cette grossesse, je me sentais plus confiante, même si la peur de la fausse couche était toujours présente, évidemment.
J’étais aussi suivie par une psychologue, ce qui m’a énormément aidée.

Ma grossesse n’aurait pas pu mieux se passer ❤️❤️.

Et cette fois, bébé avait la tête en bas, ce qui m’a permis d’accoucher par voie basse.

Maman courageuse

Je ne saurais décrire à quel point ces moments peuvent être difficiles.

Si tu lis cet article, c’est peut-être parce que tu es en train de vivre cela, et j’en suis profondément désolée.

Tu fais preuve d’un courage immense.

Je n’oublie pas non plus les partenaires, pour qui la douleur mentale est elle aussi bien réelle ❤️.

Si tu as des questions, n’hésite pas à me contacter. Je lis tous vos messages.

Si cet article t’a touchée et que tu en ressens le besoin, n’hésite pas à en parler à un professionnel ou à une personne de confiance, c’est important de ne pas rester seule.

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