Lettre à mon conjoint pour la fête des mères (que je ne t’enverrai probablement jamais)

Je ne te demande pas un cadeau.

Pas vraiment.

Parce qu’au fond, ce que j’aimerais… ça ne s’achète pas.


J’aimerais que tu voies.

Tout ce que je fais, sans forcément le dire.

Je gère le quotidien.
Le ménage.
Les vêtements trop petits.
Les repas, en essayant de faire au mieux pour la santé des enfants.
Je suis le contact pour l’école, pour les médecins.
Je pense aux anniversaires, aux cadeaux, j’organise les fêtes.

Je crée des souvenirs.
Je fais en sorte que notre maison soit un endroit chaleureux, joyeux.

Je passe des heures à organiser nos vacances, en pensant à tout le monde.
Aux enfants. À toi. À nous.


Mais il y a aussi tout le reste.

Les nuits.

Celles où je me lève.
Celles où je gère seule.
Celles où je fais en sorte que toi, tu dormes bien.

L’allaitement.

Quand je suis bloquée, que je ne peux pas bouger,
et que je dois demander de l’aide pour boire, manger, juste attraper quelque chose.

Quand on sort, c’est souvent moi qui gère.
Moi qui porte.
Moi qui veille.

Et parfois… j’ai l’impression que tout ça est devenu normal.


Mais ce n’est pas “juste comme ça”.

C’est un choix.
Un engagement.
Un amour immense.

Mais ça ne devrait pas reposer uniquement sur moi.


J’aimerais que tu prennes ta place.

Pas en “aidant”.

Mais en faisant, naturellement.

Que je n’aie pas à te rappeler les poubelles.
Que je n’aie pas à penser pour deux.

J’aimerais que tu prennes aussi de la charge mentale.

Que tu mettes ton réveil pour les enfants.
Que tu prennes des rendez-vous.
Que tu cherches, que tu proposes, que tu anticipes.

Que tu me dises :
“Vas-y, je gère.”

Sans que j’aie besoin de le demander.


J’aimerais que tu penses aussi à nous.

Que tu organises des moments.
Que tu prennes en charge le mode de garde.
Que tu réserves.
Que tu anticipes.

Que je puisse, moi aussi, me laisser porter.


Parce que parfois…

Je me sens invisible.

Tant que je tiens, tant que je gère, tant que je ne dis rien…
on continue d’ajouter.

Et c’est seulement quand ça déborde qu’on réagit un peu.
Puis ça recommence.


Et pourtant…

Je ne suis pas malheureuse.

Au contraire.

J’aime ma vie.
Je ne la changerais pour rien au monde.

J’aime notre famille.
J’aime nos enfants.
J’aime cette maison qu’on construit.

J’aime te voir rentrer et entendre les enfants crier “papaaa”…
(et moi aussi, au fond).

Tu es mon pilier.
Ma force.
Mon confident.

Et tout ce que j’imagine… je l’imagine avec toi.


Je ne suis plus la femme que j’étais.

Mais ce n’est pas une perte.

C’est une évolution.

Je suis exactement là où je voulais être.


Alors pour cette fête des mères…

Je n’ai pas besoin de quelque chose.

J’ai besoin que tu me voies.

Vraiment.

Et que tu sois là.

Vraiment.


Parce que je donne beaucoup.

Par amour.

Mais j’ai besoin de sentir qu’on est deux.


Signé,
La maman de tes enfants ❤️

Publications similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *