OnOn pense souvent — à tort — que la maman que l’on voit sur Instagram est la norme.
Toujours apprêtée, coiffée, maquillée.
La maison est propre et rangée, les armoires débordent de vêtements bien pliés…
Et bien sûr, elle est en train de faire une activité créative avec ses enfants.
Sauf que ça, ce n’est pas la vraie vie de la majorité des mamans.
Dans la vraie vie, les mamans sont fatiguées.
Elles pensent à mille et une choses en même temps.
Elles travaillent, nourrissent leur famille (peu importe le repas),
prévoient les rendez-vous médicaux de tout le monde,
gèrent les colères, les angoisses, les émotions…
et essaient, tant bien que mal, de tout faire tenir.
Et tout ça, tu sais quoi ?
Ça a un nom.
Ça s’appelle la charge mentale des mamans.
C’est quoi exactement la charge mentale ?
On entend parfois :
« Oui mais c’est quand même moi qui conduis les enfants aux rendez-vous médicaux »,
ou encore :
« C’est moi qui fais les courses »,
ou :
« J’ai sorti les poubelles hier soir ».
Alors attention : tout ça demande de l’énergie, ce n’est pas facile, et ce n’est pas à minimiser.
Mais ce n’est pas ce qu’on appelle la charge mentale.
La charge mentale, ce n’est pas faire.
👉 C’est penser à faire.
La personne qui a pris le rendez-vous médical, qui y a pensé, qui a vérifié les disponibilités, et qui rappelle ensuite à l’autre quand et comment y aller, ça, c’est de la charge mentale.
La personne qui crée la liste de courses en regardant ce qu’il reste dans le frigo, en pensant aux repas de la semaine, en s’adaptant au planning qu’elle a elle-même conçu auparavant… ça, c’est de la charge mentale.
La personne qui se rappelle, le mercredi soir, que c’est le jour où il faut sortir les poubelles parce qu’elle sait que les éboueurs passent tôt le lendemain matin et qu’on n’aura pas le temps de les sortir une heure avant… ça, c’est de la charge mentale.
Pourquoi les mamans sont particulièrement touchées
Les études montrent que ce sont les femmes qui portent la plus grande part de la charge mentale.
Les mamans gèrent environ 71 % des tâches liées à la charge mentale*.
Oui, 71 %.
C’est un travail invisible, qui passe souvent inaperçu, mais qui est pourtant bien réel.
Il semble presque normal de mettre une pression constante sur les mamans.
Comme s’il allait de soi que maman gère :
- les repas
- le ménage
- les devoirs
- l’éducation des enfants
- les rendez-vous
- les loisirs
- la recherche et la réservation des vacances
- les visites chez le médecin avec les enfants
On s’attend à ce que les mamans pensent à tout, sachent tout intuitivement, anticipent en permanence.
C’est aussi très souvent les mamans qui portent la gestion émotionnelle de la famille :
les colères, les angoisses, les chagrins, les tensions.
Si les mamans sont plus touchées par la charge mentale, ce n’est pas parce qu’elles en font trop,
mais parce qu’on leur a appris — et souvent laissé — le rôle de celles qui pensent à tout, tout le temps.
- Source : ScienceDaily
Les signes que tu portes (trop) de charge mentale
Si tu te demandes comment savoir si ta charge mentale est devenue trop lourde, je t’invite à prêter attention à certains signes.
Ils ne sont pas universels et peuvent varier d’une personne à l’autre.
Mais malgré tout, plusieurs reviennent très souvent.
1 – Fatigue mentale persistante (même après le repos)
Tu passes une bonne nuit — ce qui n’est déjà pas évident quand on est maman, mais imaginons que ce soit le cas — et malgré tout, tu te sens toujours fatiguée.
Pas une fatigue physique, comme après une bonne séance de sport.
Plutôt cette fatigue mentale, celle où tu as juste envie de fermer les yeux…
sans avoir peur qu’on te demande d’aller chercher un jus de pomme.
Tu la connais, toi aussi ?
2 – Difficultés de concentration et troubles de la mémoire
Tu sais, quand tu te demandes où tu as posé ton téléphone…
à la personne à qui tu es en train de parler au téléphone ? 😅
Il m’arrive souvent d’entendre mon mari me dire :
« Mais enfin, je t’ai dit plusieurs fois que je travaillais ce week-end, tu as même répondu ok »,
et moi, je ne me souviens absolument pas de cette discussion.
Ou encore, quand tu appelles le vétérinaire, terriblement gênée, parce que tu as oublié un rendez-vous que tu avais pourtant pris à peine deux jours avant.
(Histoire vraie.)
3 – Irritabilité, fluctuations émotionnelles, stress accru
Tu reçois un bon pour un massage pour ton anniversaire.
Tu es ravie à l’idée de pouvoir enfin te détendre.
Mais pendant ce massage, tu organises ta journée dans ta tête.
Tu te dis qu’il ne faut pas oublier de payer telle facture.
Tu te demandes si tes enfants sont en train de s’amuser… ou de pleurer en attendant ton retour.
Difficile de déconnecter quand on est le pilier de la maison.
4 – Anxiété et risque accru de burn-out ou de dépression
Je plaisante en racontant certaines situations, mais il est important de le dire clairement :
la charge mentale peut réellement épuiser en profondeur.
Les burn-out sont (trop) nombreux.
Les mamans portent énormément de poids sur leurs épaules, souvent sans même s’en rendre compte… jusqu’au moment où le corps et la tête disent stop.
Comment alléger la charge mentale (sans viser la perfection)
1- Externaliser
Je n’ai aucun doute sur ta mémoire et ta capacité à connaître et retenir tout ce que tu dois faire dans une journée… et même sur toute une année.
Mais justement : ton cerveau n’est pas fait pour stocker des listes infinies.
Je te propose ici d’alléger une partie de ta charge mentale en mettant sur papier ce qui doit être fait.
Quand c’est noté, ton cerveau peut déposer ces tâches sur le côté.
Il n’a plus besoin d’y penser en permanence.
Quelques idées concrètes :
- Utilise un planning des tâches ménagères sur la journée ou la semaine, avec des cases à cocher.
- Créez ensemble la liste des repas de la semaine, puis la liste de courses qui s’y rapporte, et laissez-la à un endroit prévu pour ça (comme ça, plus besoin de répondre à la fameuse question : « Elle est où la liiiiiste ? »).
- Imprime un tableau des tâches de chacun pour la semaine. Les enfants aussi peuvent avoir leurs petites responsabilités 😉
- Note les rendez-vous sur un calendrier accessible à toute la famille. Et si tu utilises aussi un agenda numérique, pense aux rappels la veille et le jour même pour les événements ponctuels.
Rends ces listes et visuels agréables à regarder et faciles à comprendre.
Moins ils sont contraignants, plus ils seront utilisés.
Si tu n’as pas envie de te prendre la tête avec le design, tu peux télécharger gratuitement les miens ici.
-> Le planning des tâches quotidiennes (7 pages). Le lien te mène sur une page Canva (gratuit) pour que tu puisses le modifier avant de l’imprimer.
-> La feuille pour la liste des repas en format PDF.
-> La feuille pour la liste des courses en version PDF.
-> La checklist des tâches ménagères avec le lien Canva pour que tu puisses la modifier.
Oui, ça va peut-être te prendre une ou deux heures le dimanche…
mais le soulagement mental derrière est énorme.
2- Partager vraiment
Ça rejoint ce que je disais juste avant avec le tableau des tâches.
Le but ici n’est pas d’entendre :
« Qu’est-ce que je peux faire ? »
« Et maintenant ? »
« Ok j’ai fini, je fais quoi après ? »
Non.
Le but, c’est que le reste de la famille devienne autonome dans ses responsabilités.
C’est pour ça que le tableau doit rester visible par tous.
Quand une tâche est accomplie, en temps et en heure, on vient cocher la case ou coller une étiquette.
C’est fait.
On n’y pense plus.
Ce n’est pas “aider maman”.
👉 C’est vivre ensemble et participer à la vie de famille.
3- Lâcher le contrôle sur certaines choses
J’adore tout contrôler.
Si je pouvais piloter l’avion quand je pars en voyage, franchement… je le ferais.
Mais la réalité me rattrape vite :
on ne peut pas tout faire seule.
Et surtout, on n’en a pas envie si on veut rester en bonne santé mentale.
Alors on lâche un peu.
Oui, les enfants vont jouer et mettre du désordre.
C’est pénible à voir, mais tu ne peux pas être partout à la fois.
Rappelle-toi : le tableau des tâches est là pour rappeler que, quand ils ont fini de jouer, ils rangent leurs jouets.
Non, ce ne sera pas rangé exactement comme toi tu l’aurais fait.
Tout sera entassé dans le bac de rangement…
et c’est très bien comme ça.
Ton compagnon va peut-être nettoyer le sol avec son vieux torchon (oui, je suis belge 😄 — la serpillère pour mes amies françaises), sans même aspirer avant.
Et là, intérieurement, tu as très très envie de lui expliquer qu’il faudrait d’abord enlever les poussières, changer l’eau, utiliser un autre chiffon, faire les choses “comme il faut”.
Respire.
Ce ne sera pas fait à ta manière.
Mais ce sera fait.
4 – Accepter que “bien” soit suffisant
Ce ne sera jamais parfait.
Vous êtes une famille qui vit vraiment.
Pas une publication Instagram.
Pas un home tour YouTube où tout a été soigneusement préparé.
Oui, un minimum d’ordre et d’organisation est nécessaire pour se sentir bien.
Et oui, si on ne gère plus rien, tout peut vite partir en vrille.
Mais accepte que tout ne soit pas parfait.
Parce que ce ne le sera pas.
Et c’est normal.
Tu gères déjà énormément.
Un message pour les mamans
La charge mentale n’est pas un manque d’organisation.
Ce n’est pas un manque de motivation.
Et ce n’est certainement pas un échec personnel.
C’est le résultat d’un rôle que beaucoup de mamans portent depuis longtemps :
penser à tout, anticiper pour tous, maintenir l’équilibre du quotidien… souvent sans pause, et sans reconnaissance.
Alléger sa charge mentale ne veut pas dire en faire moins, ça veut simplement dire ne plus tout porter seule.
Noter, partager, lâcher un peu le contrôle, accepter que “bien” soit suffisant…
Ce sont de petits pas, mais ils peuvent transformer le quotidien.
Tu as le droit, toi aussi, de souffler.
Alléger sa charge mentale, ce n’est pas abandonner.
C’est se respecter.






